Il m'a dit qu'il me verra une dernière fois pour me dire que je suis belle, et pour que je le remercie. J'ai fixé l'écran pour constater suite à quelques secondes qu'il n'était plus là. Et puis. Je continue sans cesse d'écouter ce beau Ben. Sans cesse. Et à voir que tout s'écroule. Tout doucement. Plus les minutes filent, plus le sourire s'efface, remplacé par la peur, l'appréhension, puis par les mots d'Amaury, qui m'ont pris un peu l'esprit, j'avoue. Mais je ne dirai plus rien, parce que t'as raison, faut que j'apprenne à trier mes mots. Ceux qui blessent de ceux qui laissent indifférent. Brice, si tu savais tout ce qui se passe, pendant que toi tu ne te doutes de rien, parce que la Juliau n'en laisse pas échapper un seul mot. Tu comprends, tes vacances restent les tiennes et qui suis-je pour venir mettre les deux pieds dedans pour annoncer que tout change, ici. Que mille choses se passent. Que tes messages me font sourire, que j'ai une peau couleur caramel, que mon ventre que tu aimes tant grandi de jour en jour, que mes idées devenues un rien plus nettes se mélangent à nouveau, que ce Ben me ferai faire n'importe quoi, juste pour sa voix et son regard amusé, que les mots courent de plus en plus naturellement avec Les-Belles-Manon-Et-Maud, que jeudi, j'irai probablement chez Lucas pour atteindre la couleur chocolat, que demain j'avais prévu d'aller à Waterloo, toujours pour ce beau Ben, que mes mots jouent avec moi à revenir sans prévenir puis me laisser me débattre en croyant qu'il n'y a plus rien. Tout ça, t'es pas là pour le voir.